Enron, où la chute "d'un" modèle américain
Crise du système de profit
Enron fut l'une des plus grandes entreprises américaines par sa capitalisation boursière.
Outre ses activités propres dans le gaz naturel, cette société texane avait monté un système de courtage par lequel elle achetait et revendait de l'électricité, notamment au réseau des distributeurs de courant de l'État de Californie. Elle était une référence de la bonne gestion, de l'exemple que l'on citait pour justifier qu'une politique économique forte donnait des résultats mesurables.
En décembre 2001, elle a fait faillite suite à des pertes dues à des opérations spéculatives sur ce marché de l'électricité, qui furent masquées en bénéfices par des manipulations comptables.
Les débutsNée en 1985, de la fusion d'Houston Natural Gas et de Internorth of Omaha, Enron était l'une des plus grandes entreprises mondiales. Elle était selon les comptes (truqués), à la tête d'un chiffre d'affaires de 139 milliards de dollars. Quand l'entreprise démarra ses activités, elle était à la tête d'un réseau de gazoducs tout à fait respectable. Mais, au début des années 1990, s'intéresse aux marchés dérivés de l'énergie, sous la bienveillance du sénateur Texan Phil Gramm, et du gouverneur texan George W bush (94-00). Dans le même temps, les dirigeants de l'entreprise se battaient pour persuader les consommateurs qu'une dérégulation du marché ferait tomber leur facture de 43%.
FraudeLes problèmes révélés par la faillite d'Enron ont leur racines dans les récents changements survenus dans les professions légales, financières et comptables aux États-Unis, dont les origines remontent à l'agressivité des années 1980.
Ce changement de mentalité a entraîné la création de cadres supérieurs hyper agressifs tentant constamment d'impressionner les analystes en se fixant des objectifs ambitieux de croissance de la valeur des actions. Lorsque les objectifs étaient atteints, les analystes montaient la barre encore plus haut, et il arrivait que les attentes ne puissent être satisfaites sans recourir à des pratiques financières et comptables équivalentes à la prise de stéroïdes .
En interne, les dirigeants créèrent donc plus de 3 000 sociétés offshores. En faisant passer ces sociétés pour leurs fournisseurs, ils pouvaient contrôler les prix de l'énergie. Ces sociétés venant tout droit des îles Caïmans, des Bermudes ou des Bahamas étaient des boîtes à secrets, où l'on avait rangé tous les acquis frauduleux et dettes écrasantes. Tout cela loin de la ligne de mire des actionnaires, des salariés et des autorités; tout ce beau monde empoisonné par des bénéfices mirobolants. Par exemple: le Président Directeur Général Kenneth Lay hypnotise les salariés en leur envoyant un courrier prévoyant que le cours de l'action gagnera 800% avant l'année 2010.
Tout s'écrouleTout commence, ou finit, le 31 octobre 2001 date à laquelle la SEC (gendarme de la bourse américaine) ouvre une enquête.
Le 2 décembre, la multinationale se déclare en faillite; environ 5 000 salariés passent à la trappe et voient fondre leur retraite, investie dans Enron. Le cours de l'action chute de 90 dollars à 1 dollar en quelques mois. Le trésorier, Ben Glisan est en prison pour cinq ans. Le directeur financier, Andrew Fastow a écopé de dix ans. Jeffrey Skilling, l'ex numéro 2 encourt théoriquement 325 années d'enprisonnement mais plaide non coupable. Kenneth Lay porte douze chefs d'accusation et plaide non coupable. À cela il faut ajouter le cabinet d'Arthur Andersen, Citigroup, JP Morgan, Merrill Lynch, Deutsche Bank, la CIBC, et la Banque Barclays.
Le 25 mai 2006, Kenneth Lay, 64 ans, a été reconnu coupable de 6 chefs d'accusation de fraude et de complot, il risque de passer le reste de sa vie en prison. L'ancien no.2 d' Enron, Jeffrey Skilling a été reconnu coupable de 19 des 28 accusations, dont fraude, complot, fausses déclarations et délit d'initié, ce qui pourrait lui valoir 185 ans de prison.
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